Accueil » Presse » La presse parle de nous

Les madeleines changent de main.

Les madeleines changent de main. Zoom sur Les madeleines changent de main.

Mardi, au salon de l’agriculture, Serge Chenel transmettra officiellement l’entreprise « Les Véritables madeleines de Liverdun », à Vincent Ferry, de Clair de Lorraine (Void-Vacon).


Verdun. L’histoire de ce petit gâteau remonte aux années 1920. « Mon grand-père boulanger-pâtissier s’était installé en face de la gare de Liverdun. Les gens venaient au bord de la Moselle pour pique-niquer ou faire des sports nautiques, c’est comme ça que les Nancéiens ont connu ces madeleines », raconte Serge Chenel.


Son père a repris l’entreprise après-guerre, « et c’est lui qui l’a développée ». Troisième génération aux manettes, Serge Chenel a repris le flambeau en 1985. Aujourd’hui, à bientôt 66 ans, il a décidé de passer la main. Mais ses enfants ont choisi d’autres voies professionnelles. « Ma volonté, c’était d’assurer la pérennité de la société ».


C’est auprès de l’entreprise meusienne basée à Void-Vacon, Clair de Lorraine, spécialiste du terroir lorrain, que Serge Chenel a trouvé le repreneur idéal. « C’est une société qui a déjà une bonne implantation et qui est très dynamique ».


En Meuse, c’est une autre madeleine


Les Véritables Madeleines de Liverdun et Clair de Lorraine travaillent déjà ensemble. « Nous distribuons les madeleines et nous les trouvons fameuses », souligne Vincent Ferry, patron de Clair de Lorraine. En Meuse, c’est une autre madeleine, celle de Commercy, qui est davantage connue.


« Elles sont très différentes. La croûte de celles de Liverdun est plus craquante, celles de Commercy sont plus moelleuses », décrit Vincent Ferry.


Les « véritables madeleines de Liverdun » se dégustent « comme un produit frais », estime Serge Chenel. « Nous avons gardé une recette d’artisan, elles doivent être consommées rapidement ».

La recette justement… Elle sera symboliquement transmise à Vincent Ferry mardi prochain au salon de l’agriculture de Paris. Ce sera l’un des temps forts de l’inauguration du stand du conseil régional de Lorraine et de la chambre régionale d’agriculture.


« On ne touche pas à la recette »


« Dans la recette, il y a le tour de main de mon grand-père », souffle Serge Chenel. C’est le coeur lourd qu’il s’apprête à transmettre cette société presque centenaire. « Cela me pèse », confie-t-il. « C’est une société en parfaite santé, je vends parce que j’ai l’âge de m’arrêter, pas parce que la société va mal, au contraire ».


Vincent Ferry assure qu’une fois l’entreprise officiellement rachetée, « on ne changera rien. Tout reste à Liverdun, les madeleines seront toujours fabriquées là-bas, et il est hors de question de toucher à la recette. L’entreprise emploie sept personnes qui connaissent parfaitement leur métier ».


Le patron de Clair de Lorraine vit cette passation de pouvoir « avec beaucoup de joie, mais je mesure aussi la responsabilité qui est la nôtre. Notre volonté, c’est de faire durer les choses, et de sauvegarder un des fleurons du patrimoine gastronomique lorrain ».


Léa Boschiero

 

Est Républicain - 19/02/2015